Cuba : de La Havana à Vinales

Cuba : l’île caribéenne qui résiste

(Photos : de La Havana à Vinales)

Rappels historiques :

1492 : Christophe Colomb fait de Cuba une colonie espagnole

1895-1898 : Guerre d’indépendance cubaine

1898 : Indépendance de l’île et fin de l’empire colonial espagnol

1898-1902 : Occupation Etats-Unienne

1902-1959 : Ingérence marquée des Etats-Unis ; coup d’Etat en 1952 de Fulgencio Batista avec le soutien de la CIA ; jeu, prostitution et trafic de drogue (contrôlés par la Mafia) se développent, La Havane devient « un bordel pour les Nord-américains » (selon le Washington Post) tandis qu’analphabétisme, maladie et pauvreté touchent la majorité de la population de l’île

1953-1959 : Révolution cubaine menée par Fidel Castro et renversement du régime de Batista

1959 à nos jours : République socialiste (ou dictature selon certains)

Présentation succincte

  • Langue officielle : espagnol
  • Population : environ 11 millions d’habitants
  • Devise : CUC (monnaie internationale indexée sur le dollar US, soit 1CUC = 1$), et le CUP (monnaie locale 1CUC = 25CUP)
  • Capitale : La Havane

Visiter La Havane en 2 jours : impossible !

Cuba - La Havane Nous finissons nos 15 mois de tour du monde par Cuba, et alors même que nous pensions désormais être un peu rodés par le voyage, c’est bien dans ce dernier pays que nous allons prendre le plus de claques ! Alors accrochez-vous, nous allons vous conter le Cuba que nous avons vécu…

A notre arrivée à l’aéroport, nous faisons du change (nous avions tiré exprès des dollars US au Costa Rica avant de partir), prenons en main nos premiers CUC et demandons également un peu de CUP (la monnaie locale), nous prenons le premier taxi que nous trouvons. Pour 30CUC, il nous déposera au cœur de La Havane, à notre premier AirBnB (et dernier, nous vous expliquerons pourquoi par la suite).

Et c’est déjà la première anecdote

 Notre taxi nous dépose devant notre immeuble et nous cherchons notre hôte, Pedro. A peine le pied posé à l’intérieur du hall, un homme nous aborde pour savoir qui nous cherchons. Nous lui expliquons que nous cherchons Pedro, mais celui-ci n’a pas l’air de le connaître. C’est pas grave, il pose alors la question aux personnes aux alentours, mais malheureusement sans succès. Nous commençons à nous poser des questions, mais le monsieur ne nous laisse pas tomber. Nous voici à monter les étages ensemble et à mettre l’immeuble entier en branle pour trouver notre fameux Pedro ! En effet, la petite animation dans le couloir fait que les gens sortent de chez eux, viennent voir ce qu’il se passe et tentent de nous aider à leur tour. Alors, après avoir dérangé deux peintres en bâtiment, la mère de famille qui cuisinait, la grand-mère devant sa télé (avec sa porte d’entrée grande ouverte qui donnait sur le salon)…une jeune femme nous demande si nous n’avons pas un autre nom. Nous finissons par dire un nom de famille (semble-t-il) qui lui parle, et nous voici à ressortir de l’immeuble, tous ensemble, le sac de Lucile sur l’épaule d’un monsieur qui ne voulait pas qu’elle le porte (il lui a pris des mains, en lui disant qu’il était hors de question qu’il la laisse porter ça !), et nous nous dirigeons vers un immeuble un peu plus loin, pour rencontrer Marco, le frère de Pedro ! Notre hôte s’était trompé, il nous avait dit le 412 à la place du 422…

Cuba - La Havane - Casa
Porte d’entrée de notre appartement

A peine arrivés et nous avons déjà découvert l’entraide cubaine. Nous sommes stupéfaits et balbutions nos premiers « gracias » à ceux qui nous ont aidés et qui repartent alors, un simple salut de la main et un grand sourire en guise de réponse.

Enfin nous sommes arrivés, nous ne voulons qu’une chose : dormir ! Mais le programme va se dérouler autrement. En effet, Marco nous explique que l’appartement n’est pas encore prêt, mais que nous pouvons déposer nos sacs le temps qu’il le nettoie. Ok, ça ne nous pose pas de soucis, nous sommes fatigués mais pas contre une petite balade dans la ville. Alors qu’on lui dit qu’on va en profiter pour faire quelques courses, il commence à nous expliquer les différents magasins dans le coin où nous pouvons trouver de l’eau (à part dans les hôtels, l’eau courante n’est généralement pas potable à Cuba)…avons-nous l’air si bêtes pour ne pas en trouver par nous-mêmes ?! Nous écoutons poliment puis nous nous apprêtons à partir. En arrivant à l’ascenseur, Marco en sort… WHAT ?!!! Moment de doute, en fait, c’est Pedro qui arrive, ils sont frères jumeaux !!! Passé la grosse surprise, nous partons tous ensemble au magasin acheter de l’eau…ils insistent vraiment pour nous accompagner.

Anecdote n°2 (Pour information, il risque d’y avoir beaucoup d’anecdotes dans nos articles sur Cuba !)

Nous rentrons dans le magasin le plus proche et là, c’est le choc. Nous comprenons pourquoi nos hôtes voulaient autant nous abreuver d’indications. Les étagères sont quasiment toutes vides, il y a une odeur assez désagréable, et quand nous précisons que nous allons prendre une bouteille d’eau non gazeuse, on nous dit que dans ce magasin, il n’y a que de l’eau pétillante ! Nous sommes soufflés, même durant notre périple latino-américain nous n’avons jamais été confrontés à de telles situations de pénurie. Mais nous remercions Pedro et Marco en les rassurant et en leur disant de ne pas s’inquiéter, on va en chercher ailleurs. Toujours aussi bienveillants, ils prennent quand même encore le temps de nous expliquer où se trouvent d’autres magasins, puis nous nous quittons.

Enfin seuls, nous nous armons de notre guide de voyage pour trouver le grand magasin du coin, La Epoca, où nous tentons notre chance. Ce ne sera pas si simple en fait ! On va tout d’abord passer devant sans le voir (en fait, au vu de la façade, nous pensions que c’était un ancien bâtiment abandonné… !) et en revenant sur nos pas, nous comprenons notre erreur précédente, mais c’est bon, on l’a trouvé !

Anecdote n°3

Cuba - La Havane - Shopping
Supermarché La Epoca

On va pour entrer et là un vigile nous arrête et nous indique la consigne pour laisser nos sacs à dos. En effet, nous avons laissé les gros sacs à l’appartement, mais nous avons gardé nos sacs avec papiers, électronique et choses de valeur sur nous. Du coup, nous décidons de ne pas les laisser en consigne, mais que l’un d’entre nous va les garder à l’extérieur, en attendant que l’autre aille chercher la fameuse bouteille. Décidemment, acheter une bouteille d’eau s’avère plus compliqué que prévu !

Et c’est à ce moment que l’imagination de Lucile va se décupler. Les sacs sur le dos, cela fait maintenant 20min qu’elle attend Quentin qu’elle a vu s’engouffrer dans le magasin. Au bout de 25min, il ressort enfin, HOURRA, sauf qu’il n’a rien acheté !!! Il explique que le magasin est grand mais vraiment pas fourni, et qu’il n’a définitivement pas vu d’eau non gazeuse. Ce n’est pas grave, Lucile lui dit de prendre n’importe quoi de non gazeux (oui, on ne vous en a peut-être encore jamais parlé mais Lucile ne peut rien boire de gazeux, que ce soit de l’eau, des jus ou de l’alcool, rien ne passe !).

Bref, Quentin repart, et là, c’est l’attente…

20, 30, 40, puis, au bout de 45min, Lucile est livide, elle a vécu à peu près tous les scénarios les plus loufoques dans sa tête : Quentin s’est fait enlevé, il est tombé dans les pommes au milieu des étagères, il s’est trompé de sortie et s’est perdu dans les rues de la Havane, doit-elle appeler Interpol ?…

Mais non, après 50min, il ressort, et il a même un sac dans les mains, victoire ! Bon, victoire de courte durée, le seul liquide non gazeux qu’il a trouvé est un jus de tomate…ce sera jus de tomate alors, chouette !

L’épisode « jus de tomate » passé (un épisode pas terrible, le jus étant très salé, nous avions encore plus soif après…), il est temps de rentrer dans nos appartements et de nous affaler littéralement, nous ne tenons plus debout.

Anecdote n°4

En rentrant, nous passons devant une boulangerie et en profitons pour acheter notre pain pour le lendemain matin. Au moment où nous demandons du pain, la dame échange celui qui est exposé avec un autre qui était à l’arrière, et nous donne ce dernier. En prenant notre pain, nous le trouvons assez dur mais n’osons rien dire. Le lendemain matin, nous nous rendons compte qu’il n’est même pas possible de le couper, c’est pire que de la biscotte ! Si l’on n’y prend pas garde on peut donc se faire avoir sur des petites choses comme ça, même dans un pays où les gens nous paraissent déjà, pour la plupart, bien plus gentils qu’ailleurs. Nous ne sommes pas retournés dans cette boulangerie qui était pourtant juste à côté de l’appart !

Visiter le quartier Habana Vieja

Le lendemain, réveil de bonne heure pour enfin découvrir cette capitale.

Nous descendons notre Calle Industria jusqu’au Capitolio qui nous impressionne (plus besoin de voyager à Washington, nous avons déjà vu le monument principal !), puis nous débouchons sur le Parque Central, surplombé par de grands bâtiments coloniaux, et surtout, entouré de voitures d’époque…nous en prenons plein les mirettes.

Nous nous enfonçons dans les petites ruelles par la Calle Brasil, jusqu’à la Plaza Vieja où se trouve une fontaine protégée de grillages, formidables barrières pour les pigeons qui s’y calfeutrent afin de ne plus être importunés par les enfants qui leur courent après !

De cette place, nous descendons la Calle San Ignacio où nous tombons sur une « pizzeria ».

Anecdote n°5

Pour comprendre le contexte, depuis quelques années, les Cubains peuvent ouvrir leur maison pour en faire un commerce, à partir du moment où ils obtiennent l’autorisation. De ce fait, nous trouvons de très nombreux commerces qui vendent des « hamburguesas », des pizzas, des jus, voire même du café pour 1CUP (monnaie locale). Ainsi, nous nous arrêtons devant l’un d’eux et passons notre commande de pizzas. Malheureusement, ils n’ont plus les ingrédients que nous demandons… Nous découvrons alors une expression locale que nous allons entendre tout au long du voyage : « No hay » (il n’y en a pas). Une pizza au chorizo svp = no hay ! Alors, une aux poivrons ? No hay ! Etc etc. Après plusieurs essais, nous finissons par demander directement ce qu’il leur reste. Ce sera oignon ou jambon. Le jeune à qui nous parlons nous préparera finalement une pizza avec un peu de chaque ingrédient pour le prix d’un seul. Sympa, et la pizza ne sera pas mauvaise du tout.

Témoignage d’un cubain

C’est aussi l’occasion pour nous de parler avec des locaux, et surtout un jeune (20 ans) qui nous demande ce qu’on pense de Cuba. Nous lui donnons nos premières impressions, et sommes particulièrement élogieux sur plusieurs points. Le jeune nous sourit alors, tout en faisant la moue, il ne semble pas tout à fait de notre avis. Il nous explique qu’il aimerait bien aussi partir et découvrir d’autres pays, mais qu’il n’a pas assez d’argent. Il nous dit que la vie n’est pas simple dans le pays, et que les Cubains manquent de beaucoup de choses. Nous tentons d’aller un peu plus loin dans la discussion, avec les quelques informations que nous avons, et lui demandons s’il est bien vrai qu’ils reçoivent du gouvernement le minimum vital ? Si la santé et l’éducation sont réellement gratuites ? Il ne dit pas le contraire, mais nous en revenons à nos pays qui ont tout.

Nous lui disons alors que c’est vrai qu’il y a des gens chez nous qui peuvent beaucoup consommer, mais il y a aussi de nombreux pauvres, voire des gens qui vivent dans la rue. Il paraît complètement estomaqué, il se retourne même pour interpeller sa collègue. – Tu savais toi qu’il y a 9 millions de pauvres en France ?! – Tout le monde paraît très surpris et nous comprenons alors que l’idée que se font certains Cubains du reste du monde n’est que le reflet des touristes qu’ils voient toute l’année, et qui ne représentent clairement pas la réalité.

Après cette petite pause fort instructive, nous continuons notre périple en prenant la Calle Santa Clara puis la Calle Inquisidor pour rejoindre la Calle Mercaderes, l’une des très jolies rues (mais très touristique) du centre de la Havane. Nous arrivons ainsi sur la Plaza Catedral d’où nous bifurquons sur la Calle Empedrado, rue de la Bodeguita, le bar le plus connu de la Havane (que fréquentait notamment Hemingway), tellement bondé que de nombreux clients se retrouvent à consommer leur verre à l’extérieur ! Puis nous errons dans les Calles O’Reilly et Obispo, en passant par la Calle Cuba, ou encore Habana. Bref, nous faisons une journée marche et visite qui nous ravit.

En repartant par chez nous, nous prenons le Boulevard de San Rafael qui est piétonnier et nous retournons à La Epoca, Calle Galiano. Maintenant que nos affaires sont dans notre appartement, nous pouvons aller ensemble dans ce magasin pour y faire nos courses, mais surtout, pour que Lucile voit ça de ses propres yeux.

Aparté

C’est une vraie claque, les étagères sont vides pour la plupart, les quelques produits présents sont très basiques (sucre, sel, spaghettis, thon…).

En gros, si vous aussi vous ne savez pas où donner de la tête quand vous êtes dans un supermarché tellement vous avez de choix entre 40 marques de cornichons, ici, vous serez ravis ! C’est bien simple, si vous voulez des pâtes, ce sera forcément des spaghettis. Oubliez les macaronis, coquillettes, fusillis et autres. Autre exemple : Pour le sucre, c’est un sachet d’1kg d’une marque unique, point. Pas besoin de se poser la question entre roux, blanc, en petits morceaux, dans un sachet avec bec verseur, etc. La durée des courses est ainsi limitée !

(Si on désactive le mode ironie, nous prenons en pleine face les conséquences de la guerre économique à laquelle font face les Cubains. Si vous pensez qu’il n’y a plus d’embargo sur l’île, comme nous avons pu parfois l’entendre avant d’y poser le pied, venez faire un tour là où les gens font leurs courses.)

Anecdote n°6

On a oublié de vous dire, mais si Quentin a pris autant de temps dans le magasin le premier jour, c’est qu’il n’avait pas encore compris les règles du jeu ! Quand on arrive à à la caisse, il faut demander qui est le dernier à attendre dans la file interminable, pour se placer à la suite. « Ultimo ? » (qui est le dernier ?) est l’expression que l’on entendra dans tous les supermarchés du pays. Surtout, quand le suivant demande à son tour qui est le dernier, n’oubliez pas de vous manifester, sinon vous serez oublié dans la foule et vous vous ferez passer devant. Autant dire que la première fois, tout le monde est passé devant Quentin !

Après tous ces apprentissages, nous rentrons pour une bonne nuit. Mais que nenni ! Nous avons droit a un bruit incroyable provenant de la rue durant toute la nuit. Nous avons constaté que les Cubains manquaient de beaucoup de chose, et nous prenons alors conscience que cela concerne aussi le double-vitrage ! Entre les bars à salsa et les jeunes qui se retrouvent avec leur poste de musique pour bavarder sous la fenêtre…ce sera une nuit que l’on peut qualifier de peu reposante.

Pour autant, nous ne nous laissons pas abattre et nous commençons notre journée par la réservation de notre trajet pour Vinales. Nous savons que la compagnie Viazul propose ce trajet, mais son terminal est particulièrement loin du centre, ce qui veut dire prendre le taxi pour s’y rendre. Du coup, nous prenons l’option Hôtel Plaza, à 5min à pied de notre appartement, et nous réservons via la compagnie Cubanacan qui a un stand dans cet hôtel pour le lendemain. Une fois dans l’hôtel, nous en profitons pour acheter une carte Internet.

Internet à Cuba

Le wifi gratuit n’existe pas comme chez nous à Cuba. Pour pouvoir se connecter, il faut acheter une carte internet (des cartes d’1h), et ensuite, trouver les endroits où le wifi est disponible. On trouve ces endroits souvent sur les grandes places de chaque ville ou dans les grands hôtels.

A savoir : les hôtels vendent les cartes mais ils se prennent une marge (ce qu’on ne savait pas au début !). On vous conseille d’aller dans les magasins Etecsa qui vendent la carte à 1,50CUC (contre 4,5CUC dans les grands hôtels !)

Centro Habana y Malecon

Cuba - La Havane - Musée de la révolution En cette deuxième journée de visite, nous décidons de découvrir un peu plus l’ouest de la Havane. Nous commençons par le Museo de la Revolucion. Nous sommes très surpris, c’est vraiment riche en histoire et tout y est détaillé : les dates, les actions, les plans d’attaque des « barbudos » (le nom donné aux rebelles, qui n’avaient pas l’occasion de se raser), les mesures politiques prises après la victoire, etc. Nous y restons un bon moment, le temps de tout lire, et finissons par les extérieurs où sont exposés divers véhicules dont le Granma, le célèbre bateau qui a emmené, depuis le Mexique, les 82 guérilleros sur l’île en 1956, L’équipage incluait notamment les frères Castro, Cienfuegos et le Che.

L’histoire du pays un peu plus clair dans nos esprits, nous faisons un petit détour par le Museo del Chocolate, non pas pour le musée en tant que tel, mais pour y goûter leur délicieux chocolat chaud à 0,55CUC. Hummm, un régal.

Une fois la pause gourmande avalée, nous partons arpenter le célèbre Malecon où nous croisons pêcheurs, promeneurs et même un tournage de film semble-t-il (avec une caméra montée sur rail). Nous aurons surtout droit à un joli coucher de soleil, avant d’emprunter les Calle San Nicolas, Manrique, Concordia ou San Miguel, puis rentrer chez nous. Ce Centro Habana est quelque peu différent de l’Habana Vieja. On sent que c’est un peu plus pauvre, on voit plus de façades en mauvais état et même d’immeubles à l’abandon. Bref, ce quartier est définitivement moins touristique, mais pas moins intéressant. Les gens sont toujours aussi charmants et le sentiment de sécurité est toujours présent.

Premières impressions

Avant de quitter la capitale pour les champs de tabac de Vinales, nous repensons à notre arrivée dans le pays et nos premières impressions :

    • La Havane est clairement une ville pleine de charme. L’architecture est riche et l’ambiance toute particulière.
    • Les difficultés économiques des Cubains sautent aux yeux lorsqu’on se balade dans les rues de la ville. Beaucoup de bâtiments sont décrépis, peu entretenus. Les matériaux semblent manquer, tout comme la peinture la plus élémentaire. Grâce à une loi de « protection du patrimoine culturel » certains quartiers du Vieux Havane semblent toutefois davantage épargnés (notamment les plus touristiques).
    • Le temps semble s’être arrêté aux années 60 comme en témoignent certaines enseignes de magasin ou les vieilles voitures. Il est d’ailleurs drôle de voir des vieilles Chevrolet ou Pontiac se mélanger aux Lada russes, puis ensuite croiser des autobus chinois (avec du mandarin apparent sur la carrosserie).
    • Les Cubains sont surprenants de gentillesse et de dignité.
    • Même dans les quartiers les plus lugubres que nous avons traversé, nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité. Les gens ne paraissent aucunement menaçants, alors même qu’ils ont un niveau de vie ostensiblement très faible.
    • La présence policière n’étant pas significative, elle n’explique même pas ce phénomène. On se plait alors à comparer la chose avec notre capitale où les policiers et militaires sont omniprésents, et qui paradent dans les rues, gares, etc. avec des armes de guerre. Surtout que, malgré tout ça, le sentiment d’insécurité est très présent.
    • Aussi, avec tout ce que l’on a pu entendre de négatif sur le pays, nous sommes plus que surpris de voir autant de vie sur place, de jour comme de nuit. Il n’y a pas à dire, il n’y a aucun couvre-feu à Cuba (on en aurait parfois même souhaité un pour pouvoir dormir en paix). Même l’aspect vestimentaire de certains nous sidère, notamment avec tous ces t-shirts arborant des drapeaux US que l’on croise dans la rue. Certains osent même porter « Miami » sur eux, sans être aucunement inquiétés par les autorités. Quand on sait que la plupart des attentats qu’ont subi les Cubains y trouvent leur origine, cela fait pâlir. Imaginez un seul instant un quidam portant un t-shirt siglé « Daech » dans les rues de Paris…
    • Bref, le voyage commence à peine et il s’annonce déjà bouleversant…

A voir

C’est parti pour un tour du centre ville :

  • Plaza Cathedral, Plaza de Armas, Plaza San Francisco, Plaza Vieja.
  • Rues touristiques : Calle Obispo, Mercaderes, O’Reilly, Empedrado, Avenida Del Puerto…
  • Museo de la Revolucion : pour en faire le tour, il faut bien prévoir 2-3h. C’est 8CUC/pers.
  • Malecon : au lever ou au coucher du soleil, c’est vraiment un lieu de vie fort agréable.

Faire ses courses dans un supermarché cubain

Le supermarché cubain n’est pas comparable à ce qu’on connaît. Il ne faut pas y aller en espérant trouver exactement ce qu’on veut. On prend selon les arrivages, et surtout, on apprend à demander aux gens que l’on croise dans la rue où ils ont trouvé ceci ou cela.

De plus, une fois qu’on est prêt à passer à la caisse, il ne faut pas oublier de demander qui est le dernier et de se manifester quand le prochain demandera, sinon, on se fait passer devant !

Où dormir

Nous avons deux adresses à vous proposer :

  • Chez Pedro, Calle Industria, 31CUC/nuit. Appartement peu lumineux, assez spartiate mais avec eau chaude et tout le nécessaire pour se débrouiller quelques jours.
  • Chez Marta y Jessy, entre Calle Obispo et O’Reilly, 35CUC/nuit. Chambre avec sdb privée. L’appartement est agréable et très bien situé, la mère et sa fille sont particulièrement charmantes, nous avons adoré finir notre périple cubain chez elles 😉

Où manger

  • La Epoca : c’est le grand supermarché de Centro Habana, vous pourrez y trouver de quoi survivre mais c’est vraiment les basiques. Nous vous conseillons plutôt de manger à l’extérieur pour très peu cher (au tarif CUP). Vous aurez de quoi vous restaurer, sans se régaler pour autant, il ne faut pas exagérer.
  • Museo del Chocolate : c’est LE LIEU pour déguster un chocolat chaud, alors faites-y un tour.
  • RumRum : restaurant sans prétention mais tout à fait acceptable rapport qualité/prix.
  • Habana 61, Dona Eutimia : ce sont des restaurants qu’on nous a conseillé mais nous n’avons pas pu les tester car il fallait réserver (ils étaient complets quand on est arrivé).
  • Sloppy Joe’s Bar : c’est un bar qui date de la Prohibition. L’intérêt du lieu est sa décoration, son comptoir (le plus long de toute La Havane), son histoire et ses mets US (servis avec un petit drapeau cubain quand même). Néanmoins, quand nous y étions l’endroit était bondé d’Etats-Uniens qui y regardaient un match de football américain, en gueulant des gros « YEEEAH ». Autant quand nous étions aux Etats-Unis on trouvait ça marrant, autant voir cette ambiance à Cuba ça nous a mis curieusement assez mal à l’aise.

La monnaie cubaine

Il faut savoir qu’il y a deux monnaies à Cuba : le CUC, ou peso cubain convertible, c’est la monnaie qui sert aux échanges internationaux et aussi beaucoup aux touristes, et le CUP, ou peso cubain, qui ne peut être utilisé que sur l’île.

Ces deux monnaies créent une double économie, celle du tourisme et des échanges internationaux, et celle du local avec les petits commerces de proximité.

Pour comprendre le rapport : 1CUC = 25CUP.

Si vous êtes touristes à petit budget comme nous, n’oubliez pas de prendre quelques CUP, ça vous évitera de payer 25 fois le prix dans les petits commerces (ne rigolez pas, de nombreux touristes le font sans même s’en rendre compte !).

Pour changer votre monnaie :

Le plus simple c’est de le faire à la sortie de l’aéroport, vous avez les mêmes taux un peu partout sur l’île donc pas la peine d’attendre plus loin pour changer votre argent. Le conseil qu’on peut vous donner c’est de changer votre argent en CUC. Puis, pour commencer, changer 20CUC en CUP, cela vous donnera déjà 500CUP, ce qui vous permet de voir venir avant de devoir à nouveau en changer.

Vinales : des champs de tabac à perte de vue

Cuba - Sur la route de Vinales C’est parti pour 4h de trajet en car pour Vinales. A notre arrivée, nous nous faisons démarcher par une dame pour une casa, ce qui tombe bien car nous n’avions rien réservé !

Anecdote n°7

En se connectant à Internet, nous voulions réserver un AirBnb pour la suite de notre voyage. A notre grande surprise, bien que nous puissions nous connecter au site, il était impossible de réserver quoi que ce soit. Nous avons alors compris qu’étant un site américain, les Cubains ne pouvaient pas réserver ! En fait, pour réserver un Airbnb à Cuba, il ne faut pas être dans le pays. Vous avez alors 2 options, soit vous réservez tout AVANT d’arriver sur le sol cubain, soit une fois sur place, vous acceptez que vous ne pourrez pas passer par ce site, et les bonnes vieilles méthodes vont reprendre leur place, aller directement demander aux casas !

Nous suivons notre dame jusqu’à la casa où nous déposons nos affaires et repartons rapidement dans le centre pour organiser notre séjour. Cette ville est vraiment charmante. La faim se fait sentir, et nous nous arrêtons devant une maison qui propose des pizzas pas chères, mais c’est une mauvaise idée, elles ne sont vraiment pas bonnes ! En revenant sur la rue principale, nous tombons sur un marchand de glaces, à seulement 1CUP la boule, nous ne nous faisons pas prier ! Cuba - Vinales - Place de l'église Durant notre petit tour, nous apprécions les maisons colorées, la place de l’église animée et agréable (Quentin parti 5 minutes s’occuper de quelque chose, Lucile se fera même sollicitée par un gentil Cubain, pour venir danser un peu de salsa durant un cours qui se déroule juste à côté de la place, toutes fenêtres ouvertes). Nous retrouvons aussi les vieilles voitures mais surtout, ici la route se partage avec des calèches, des charrettes et autres tracteurs…nous réalisons que nous sommes arrivés dans le Cuba plus rural. D’ailleurs, c’est dans cette ville que nous avons décidé de faire un tour à cheval pour découvrir les champs de tabac du coin (d’où provient le meilleur tabac de l’île). Nous réservons donc notre tour équestre ainsi que notre prochain moyen de transport, un colectivo pour Playa Larga. En rentrant dans notre casa, nous rencontrons le mari de notre hôte, qui est policier pour la PNR : la Police Nationale Révolutionnaire ! Nous discutons un peu avec lui de son travail, et il nous explique que le taux de criminalité n’est pas très élevé à Cuba, et qu’il a plus un rôle social auprès de la population qu’un rôle répressif.

Anecdote n°8

C’est ce soir là, tout en se détendant sur notre petite terrasse avec un cigare et un verre de rhum, que nous serons une fois de plus témoins de la solidarité cubaine. Un conducteur se retrouve devant notre casa à faire une marche arrière, seulement il va un peu trop loin, et son pneu arrière tombe dans un trou. L’homme un peu furieux sort de sa voiture en claquant violemment la porte. A peine le temps de réaliser ce qu’il venait de se passer que nous voyons six hommes venir de toute part pour l’aider. En moins de 30 secondes, la voiture était soulevée par tous et sortie de son trou ! L’homme a remercié ses sauveurs du moment et est reparti comme il était arrivé. Bien que l’affaire était résolue, nous sommes restés longtemps à songer si une telle situation aurait pu exister de par chez nous. Et malheureusement nous le savons. Que ce soit tant en termes de générosité que de spontanéité, nous ne pouvons égaler ce que nous venons de voir. C’est quand même incroyable, le monsieur n’a même pas eu le temps d’appeler à l’aide !

Après une nuit animée entre les coqs qui se disent bonjour à toute heure, les chiens qui se lancent dans des symphonies et les calèches qui ne sont finalement pas plus discrètes que les voitures pétaradantes, nous sommes déjà le matin et partons prendre notre petit-déjeuner dans un petit café pas loin. Celui-ci rapidement englouti, il est temps d’aller faire la connaissance de Roberto, notre guide, ainsi que de Chocolate et Caramelo, nos montures pour la journée. Du haut de nos selles, nous découvrons l’arrière pays, avec : des colibris, des yukas, des mamay, des baobabs…

Après une bonne balade, nous nous arrêtons dans une ferme de tabac, où un fermier prend le relais de notre guide pour nous présenter son exploitation. Nous faisons un tour des champs de tabac et de la maison de séchage des feuilles. Puis, il nous montre comment on roule un cigare, avant de l’allumer pour le goûter. Ce cigare au bec nous inspirant, nous partons faire la « photo obligatoire » (selon nous), avec le cigare au milieu des champs de tabac, et les montagnes en arrière plan…on s’est bien marré.

La balade se termine, il est déjà l’heure de remercier Chocolate et Caramelo ainsi que Roberto qui a vraiment été un guide très agréable. Comme il n’est pas très tard, nous en profitons pour refaire un petit tour de la ville, et nous tombons sur un bar, dans lequel ils vendent des bidons d’eau de 3L … Alléluia !!! On se jette littéralement sur le bidon, et nous continuons notre chemin, tout heureux que nous sommes ! D’ailleurs, ce bidon ne va pas laisser indifférents d’autres touristes. A plusieurs reprises, nous allons nous faire accoster car les gens veulent savoir où nous avons dégotté cette merveille ! Visiblement, nous ne sommes pas les seuls à avoir des difficultés pour trouver de l’eau.

Pour finir notre escapade à Vinales de façon agréable, nous décidons d’aller au restaurant. Direction le Magote Café qui se trouve un peu excentré. En arrivant, nous découvrons qu’il y a une superbe vue depuis la terrasse, c’est une jolie surprise. Par ailleurs, pour deux cocktails et deux plats, nous en avons seulement pour 13,5CUC, ce qui n’est vraiment pas volé. De retour chez nous, nous allumons un petit cigare avec un verre de rhum (un plaisir qui, vous l’avez compris, va se répéter). Cette étape aura vraiment été très agréable !

A voir/à faire

Quand on va à Vinales, c’est pour les champs de tabac, de ce fait, nous ne pouvons que vous conseiller la balade à cheval.

Pour 15CUC/pers, vous avez 2-3h de balade à cheval, avec des arrêts dans une ferme de tabac, chez un producteur de café et dans un petit bar en plein milieu de la campagne.

Où dormir

Nous n’avons pas retrouvé la carte de la casa dans laquelle nous étions, mais sachez que vous trouverez sans aucun mal sur place.

Pour nous c’était une chambre indépendante avec sdb privée et terrasse à 20CUC/nuit.

Où manger

  • Magote Café : comme dit plus tôt, c’est un très bon rapport qualité/prix (2 cocktails + 2 plats = 13,5CUC), et avec une très belle vue en bonus.
  • La glace à 1CUP de la rue principale, à ce prix là, il serait dommage de s’en priver.

Comment se rendre à Vinales depuis la Havane

Il y a différentes compagnies qui font le trajet. La plus connue est Viazul, mais il faut savoir que son terminal de la Havane est vraiment éloigné du centre ville.

Nous avons opté pour Cubanan, qui faisait un ramassage dans les grands hôtels du centre, notamment le Plaza qui était à seulement 5min à pied de notre appartement.

Pour 4h de trajet, vous en aurez pour 14CUC/pers.

Voir nos vidéos de Cuba

 

3 réflexions sur « Cuba : de La Havana à Vinales »

  1. Merci de nous faire partager vos aventures !

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    1. Merci Cécile. Ca fait toujours plaisir de recevoir ce type de commentaires 😉

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