Cuba : de Playa Larga à Trinidad

L’histoire de la Révolution

(voir les photos de Playa Larga à Trinidad)

Playa Larga : point d’entrée vers Playa Giron, lieu de débarquement de la baie des Cochons

Cuba - Playa Larga
Nous arrivons à Playa Larga après 6h de trajet dans deux voitures différentes avec musique à fond tout le long ! Sur place, comme d’habitude, nous n’avons pas réservé de logement, du coup, notre chauffeur nous en propose un, à deux pas de la plage. Il nous convient tout à fait et nous décidons de nous y installer. Bien entendu, Lucile ne portera pas son sac, le chauffeur ne la laissera pas faire et le lui apportera jusque dans la chambre (ces actes de galanterie seront tellement récurrents que nous n’en parlerons pas à chaque fois, mais sachez qu’il est très agréable de voyager à Cuba en tant que femme !).

Nous papotons rapidement avec nos hôtes, Francisco et Maria, et nous mettons d’accord pour nous retrouver plus tard afin qu’ils nous expliquent comment aller dans un restaurant pas trop cher dans le coin. C’est aussi l’occasion pour nous de réaliser que le but de notre venue ici ne sera pas atteignable ! En effet, nous voulions venir à Playa Larga pour aller visiter le musée du débarquement de la Playa Giron, sauf que nous avons oublié une chose : le lendemain nous serons dimanche, et nous apprenons ici que le dimanche tout est fermé à Cuba, y compris les musées… Notre plan tombe complètement à l’eau et nous allons alors écourter notre séjour pour ne pas perdre de temps pour nos futures étapes. Nous repartirons donc dès le lendemain vers d’autres horizons.

Nous avions inclus l’étape de la baie des Cochons dans notre voyage car c’est ici que s’est joué un épisode décisif de la révolution : la résistance à une invasion militaire d’exilés cubains anticastristes soutenus par les Etats-Unis, en 1961.

A défaut d’observer les lieux historiques de nos propres yeux, des bribes de cet épisode crucial pour l’avenir du pays nous seront contés le soir par notre hôte, Francisco.

Après avoir posé nos valises et fait la connaissance de nos hôtes, nous profitons de notre temps libre pour faire un petit tour, notamment sur la plage qui s’offre à nous, à 20 mètres à peine de la casa.

Cuba - Playa Larga - Intérieur casa
Baseball dans un salon à Cuba

En rentrant, assis sur une chaise à bascule devant un match de baseball (le sport national !), Francisco nous attend pour partir au restaurant. Il ne semble pas simple d’expliquer le trajet donc il trouve que c’est plus pratique de nous accompagner. C’est une super idée, nous allons ainsi pouvoir l’assaillir de questions ! Notre hôte est un retraité de 67 ans, ancien professeur de littérature, qui prendra plaisir à répondre à toutes nos interrogations sur la vie cubaine et l’histoire de l’île.

Sur le chemin (environ 30min de marche), nous entamons nos premières discussions et Francisco en profite pour nous parler de ce qu’il y a autour de chez eux : « Ici il y a une école primaire, ici une secondaire, là une université, ici un cabinet de stomatologie, un hôpital… ». Nous, surpris : « Ca en fait du service public ! Et c’est comme ça partout dans le pays ? » Francisco : « Ah non !… Ailleurs les hôpitaux sont plus grands ! »

Nous nous laissons peu à peu attendrir par le personnage et sa vivacité d’esprit. Nous poursuivons sur les rapports entre les gens, nous lui parlons de notre arrivée à La Havane, sur le fait que les rapports avec le voisinage sont complètement différents chez nous, que la plupart du temps on ne connaît même pas ses voisins. « Ici, on se connaît tous. Moi tout le monde me connaît parce que j’ai été leur professeur. J’ai enseigné à plusieurs générations d’habitants de Playa Larga. » Un jeune nous croise en vélo et le salue. Francisco se retourne vers nous, nous fait un clin d’œil. « Vous voyez ? Populaire, hein ! »

En arrivant au restaurant, El Bosque, nous comprenons pourquoi Francisco nous a accompagné. En fait, nous sommes dans un hôtel/restaurant dédié aux Cubains, nous n’aurions pu y entrer sans un Cubain.

Grâce à lui, nous avons droit à un repas copieux et délicieux, pour un prix imbattable. Nous enchainons entrée/plat/dessert avec du poulet, du yuka, des plantains…pour seulement 2$ !!! Le plus cher dans cette affaire sera la bière, à 1$…

Durant tout le repas, nous échangeons sur le pays, l’histoire… C’est d’ailleurs à la fin du repas, autour d’une bière et d’un cigare (que Francisco acheta à la buvette à côté et insista pour nous l’offrir, en guise de preuve de l’hospitalité cubaine !) que nous finirons par apprendre que lui-même était présent à Playa Larga durant l’épisode du débarquement à Playa Giron. Bien qu’il n’eut été qu’un enfant à cette époque, il nous dit se souvenir très bien de la solidarité de tous et de ce moment historique.

Sur le chemin du retour, Francisco continuera à nous épater en nous apprenant que lui-même a combattu, en Afrique ! En Ethiopie (durant la guerre de l’Ogaden, qui opposa Ethiopie et Somalie) il semblerait même qu’il ait bien failli y rester. Francisco releva une manche de sa chemise pour nous présenter un avant-bras avec une longue cicatrice le parcourant tout du long. Il nous dit que c’est le résultat d’une grenade qui explosa à côté de lui. Il fut par la suite rapatrié à Saint-Pétersbourg pour se faire soigner. Il prend même la peine de sortir son portefeuille pour nous présenter sa carte d’ancien combattant, au cas où on ne le croirait pas… Nous sommes soufflés.

Il poursuit en nous disant qu’il fut également volontaire en Angola !

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Aparté historique

L’épisode militaire cubain en Angola est peu rappelé, et pourtant, ô combien il fut important pour l’ensemble de la région. Notamment, et c’est malheureusement assez méconnu, Cuba a joué un rôle décisif dans le tournant historique de l’Afrique du Sud.

Fidel Castro a qualifié un jour la lutte contre l’apartheid de « plus belle cause de l’Humanité ». Il savait qu’une victoire de l’Afrique du Sud en Angola aurait renforcé l’emprise de ce régime sur les peuples d’Afrique méridionale. La lutte contre l’apartheid était donc une chose que les Cubains avaient vraiment à cœur.

D’une part, les Cubains ont sauvé l’Angola des attaques de l’Afrique du Sud. D’autre part, ils ont directement permis l’indépendance de la Namibie. Enfin, en infligeant la défaite militaire de l’armée Sud-Africaine en Namibie, cela eut un énorme impact, à la fois sur le moral du régime, mais aussi psychologique sur les Noirs Sud-Africains dans leur combat contre l’apartheid. En effet, dès lors, l’idée de la supériorité blanche était clairement remise en cause.

A Cuba, le premier pays qu’il visita après sa libération, Nelson Mandela déclara que cette défaite de « l’armée raciste » avait permis la levée de l’interdiction de son mouvement et en définitive, sa présence sur l’île. Que la défaite avait « modifié les rapports de force dans la région et considérablement réduit la capacité du régime de Pretoria à déstabiliser les pays voisins » et marqué « un tournant dans la lutte de libération du continent et dans la lutte contre le fléau de l’apartheid dans [son] pays ».

Mandela-Castro
Première visite officielle internationale de Mandela à sa sortie de prison

Cuba a payé le prix fort en aidant les Africains : d’une part, cela amplifia l’hostilité des Etats-Unis à son égard et, d’autre part, cela fit peser un risque sur les relations avec son protecteur et principal partenaire commercial, l’Union soviétique. Il faut rappeler qu’à cette époque l’URSS souhaitait privilégier une politique de détente avec les Etats-Unis. En 1975 notamment, Brejnev s’était ouvertement opposé à l’envoi de troupes en Angola. Les Cubains l’avaient alors mis devant le fait accompli, malgré ce que cela pouvait impliquer pour leurs intérêts nationaux. Cet « idéalisme révolutionnaire » s’exprime d’autant plus par le fait que les Cubains sont intervenus sans rien demander en retour. Ils sont venus, ont combattu, et sont repartis avec leurs morts. Sans emporter « ni pétrole, ni diamants… »

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Avec Francisco nous nous voyons donc en présence d’un authentique internationaliste cubain qui s’est battu contre le colonialisme en Afrique ! Un peu comme si nous nous retrouvions face à un résistant de la seconde guerre mondiale, le respect s’impose de suite…

Paroles cubaines

Francisco, professeur de littérature à la retraite et ancien volontaire en Afrique

  • A propos du débarquement de 1961 :

« Mon grand-père s’est battu contre les Espagnols pour l’indépendance de Cuba. Mon père, lui, était milicien dans l’armée révolutionnaire. Quand le débarquement eut lieu, toute l’île s’est mobilisée. Nous, nous sommes partis de Matanzas pour rejoindre Playa Larga. Mon père allait se battre, et moi, je voulais rester avec lui. J’ai crié “je veux aller avec mon père, avec ou sans fusil !“ On m’a alors donné un fusil pour combattre… j’avais 11 ans. »

« La révolution, c’est Fidel qui l’a faite. Alors en 61, c’était à notre tour de la défendre. »

  • A propos de sa mobilisation pour partir en Afrique :

« L’Angola, l’Ethiopie…tous ceux qui y sont partis étaient volontaires ! Quand Fidel nous a expliqué ce qu’il se passait sur ce continent, la colonisation, l’apartheid…beaucoup de gens ont décidé de s’y engager, dont moi. »

  • A propos de la « période spéciale » (la pire crise économique de l’histoire du pays, après la chute de l’URSS) :

« Comment on a tenu pendant cette période ? Les priorités ! L’éducation, la santé, avant tout… et le peu qu’on avait, on l’a partagé. Grâce à Fidel, on a gardé le moral. »

  • A propos des Cubains qui arborent des drapeaux US sur leurs vêtements :

« Ah moi, ça ne me fait rien du tout. Les gens font ce qu’ils veulent. »

« Ce qu’on ne peut pas faire par contre, c’est porter un vêtement avec l’effigie de Fidel, parce que ça il ne le voulait pas. Et tu sais, la volonté d’un mort…ça ne se discute pas. »

  • A propos de Fidel, justement… :

« Vous verrez qu’il n’y a aucune statue de Fidel dans les villes cubaines. Pourquoi ? Il n’y en a pas besoin. Fidel est dans le cœur des Cubains, ses idées dans les mémoires. A sa mort, il y a eu beaucoup de peine. Pas seulement à Cuba, mais dans le monde entier (nous en savons quelque chose, nous étions à Cuzco à ce moment-là, et nos hôtes d’alors étaient bouleversés…). Les idées sont universelles. Nous sommes tous un peu Fidel. (Puis en nous pointant du doigt, chacun notre tour) Tu es Fidel, tu es Fidel, je suis Fidel… »

  • A propos du nouveau président des Etats-Unis, Trump, récemment élu :

« Il faut attendre de voir ce qu’il va faire. »

  • A propos de l’après-Castro (notre question en gros, selon lui que se passera-t-il une fois que Raul Castro se sera éteint à son tour) :

« La révolution restera… »

Durant toute la soirée nous buvons les paroles de notre hôte et sommes tout simplement impressionnés par ce monsieur plein de sagesse.

Le lendemain matin, c’est déjà l’heure du départ, mais non sans une vraie accolade sincère avec Francisco et un cadeau de sa part ! Nous repartons avec un appareil-photo décoratif, fait en canettes recyclées (c’est Maria, sa femme, qui les fabrique avec les patients handicapés dont elle s’occupe à son travail. Encore une humaniste avec qui nous aurions aimé échangé !)

Bref, une rencontre inoubliable.

13. Une bienCuba - Playa Larga - Belle rencontre
Notre papy de Cuba : Francisco

A voir

  • La plage : par jour de beau temps, le lieu est vraiment très agréable.
  • Plongée et snorkeling dans la baie des Cochons : nous n’avons pas eu le temps de le faire nous même mais il semblerait que ce soit un spot vraiment intéressant à Cuba.
  • Gran Parque natural Montemar : il semblerait qu’une très grande diversité d’animaux se trouve dans ce parc, à visiter absolument si vous avez prévu de rester plus d’une nuit sur place.
  • Museo de Playa Giron : raison pour laquelle nous étions venus, c’est le musée du débarquement. Par contre, ne faites pas la même erreur que nous, pas la peine d’y aller le dimanche, c’est fermé, et il n’y a pas de moyen de transport pour s’y rendre (à part bien sûr un taxi privé qui vous coûterait une fortune). Donc allez-y en semaine, vous aurez le bus qui ne coûte presque rien pour vous y déposer, et le musée sera ouvert !

Où dormir

  • Hostal « Lola » : chambre modeste avec sdb privée. L’intérêt de cette casa, c’est les hôtes. Nous avons vécu un moment très fort dans ce lieu, et ça restera une rencontre inoubliable.

Où manger

  • El Bosque : vous n’y aurez accès que si vous êtes accompagné d’un Cubain, mais ça en vaut vraiment la peine. Au delà des tarifs imbattables, c’est surtout un moyen d’être au plus près de la population. Vous serez entouré de Cubains qui ont leurs habitudes, c’est une immersion réelle.

Comment se rendre à Playa Larga depuis Vinales

Nous avons pris un colectivo depuis Playa Larga pour 30$/pers. C’est 6h de trajet, dans une ancienne voiture, avec les sacs et valises sur le toit, c’est une expérience !

Cienfuegos

Cuba - Cienfuegos Notre colectivo vient nous chercher devant la casa (nous l’avions réservé la veille avec Francisco), sauf qu’il n’a pas trouvé d’autres personnes pour aller à Cienfuegos depuis Playa Larga, du coup, nous commençons à attendre.

Après plusieurs minutes d’attente, notre chauffeur commence à nous expliquer que nous pouvons aussi prendre un car qui doit passer, mais on ne sait pas à quelle heure… S’ensuivent des rebondissements avec d’autres personnes qui rentrent dans la conversation, et nous finissons par monter dans une autre voiture, avec un autre chauffeur, et avec des compagnons de route, Claire et Umberto, un couple franco-italien. La discussion se lance, et nous passons tout le trajet à papoter ensemble. A l’arrivée à Cienfuegos, nous échangeons nos contacts pour essayer de se revoir le soir, puis nous partons chacun à la recherche d’une casa.

Anecdote 

Cuba - Cienfuegos - Place centrale
Parque José Marti

 Nous nous dirigeons sur la place principale, El Parque José Marti, afin de nous asseoir. Quentin part à la recherche d’une casa pendant que Lucile garde les sacs en l’attendant. Après 15min, Lucile voit Quentin revenir, mais il n’est pas seul, Umberto est avec lui ! Nous avons eu la même idée, les filles sont restées sur la place avec les sacs, pendant que les hommes cherchaient le toit pour le soir. Finalement les garçons se sont retrouvés dans les rues, et nous finissons tous à dormir dans la même rue, à 1min à pied !

Le destin en ayant décidé ainsi, après avoir déposé nos affaires, nous partons faire la visite de la ville ensemble. Après avoir avalé des pizzas tarif CUP, nous partons en direction du Prado puis longeons le Malecon. A son extrémité, nous tombons sur une bâtisse avec une architecture toute particulière. Nous décidons d’aller voir de plus près et rencontrons un homme qui nous raconte un peu l’histoire du lieu. En fait, le propriétaire était un très riche Espagnol qui était tombé amoureux d’une jeune femme. Pour l’impressionner, il a fait construire ce « palais » avec des ferronneries françaises, du marbre italien…et il lui offrit ! On apprendra par la suite qu’il s’agissait du Palacio de Valle

Nous passons aussi devant « La casa de Los Cincos », l’occasion pour nous de parler de cette histoire :

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Aparté historique

Cuba - Cienfuegos - Références aux cinq Cubains dans, leur incroyable histoire mérite d'être connue La question du terrorisme à Cuba et l’histoire des « cinq de Miami »

Chose peu connue, depuis 1959, Cuba a été victime d’une intense campagne de terrorisme. Le bilan humain de ces actes (assassinats, bombardements, poses de bombes, introduction de virus sur l’île, etc.) s’élève à ce jour à près de 3.500 morts et près de 2000 paralysés à vie. Et la grande majorité de ces agressions étaient préparées en Floride par des groupuscules d’extrême droite d’origine cubaine, organisés et financés par la CIA.

Face à la recrudescence des attentats dans les années 1990, Cuba a infiltré plusieurs agents en Floride afin de déjouer les projets terroristes. Après avoir réuni un volumineux dossier au sujet de 64 personnes impliquées dans des actes violents contre l’île, La Havane a transmis les données au FBI. Au lieu de procéder à l’arrestation des individus appartenant à ces organisations criminelles, Washington a fait arrêter les cinq agents infiltrés au sein de l’exil cubain et les a condamnés à des peines de prison allant de 15 ans à la perpétuité, au cours d’un procès qui a été dénoncé par Amnesty International, les Nations unies et pas moins de dix Prix Nobel.

Cette histoire des « cinq » comporte une dimension des plus cyniques. D’un côté, les Etats-Unis affirment qu’ils mènent une guerre contre le terrorisme et de l’autre, ils offrent une protection à des criminels connus de leurs services et sanctionnent cinq agents cubains dont le rôle était justement de lutter contre le terrorisme en empêchant la réalisation d’attentats contre l’île. De plus, les Etats-Unis n’hésitèrent pas à placer Cuba sur la liste des « Etats soutenant le terrorisme » (jusqu’en 2015) alors même que la principale caractéristique de ce pays est d’avoir été victime du terrorisme depuis cinquante ans.

Aujourd’hui libres, les « cinq de Miami » sont devenus à Cuba les « cinq héros ». Et des références les concernant se retrouvent un peu partout sur l’île pour leur rendre hommage.

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A la fin de la journée, nous profitons d’un joli coucher de soleil sur la mer, et attendons le bus tous les quatre pour retourner dans le centre. Au bout de 20 min, ne le voyant toujours pas arriver nous décidons de nous séparer pour rentrer à pied. Nous laissons donc nos collègues voyageurs à l’arrêt de bus (eux préfèrent quand même tenter leur chance. Et ils auront raison, nous les verrons nous dépasser dans leur bus…) et remontons le Malecon en direction de notre casa.

Le soir venu, nous retrouvons nos collègues voyageurs pour manger un bout ensemble. Partageant le même souci du budget, nous portons notre dévolu sur un graisseux-crasseux fast-food pas loin de la place centrale. Là nous aurons la joie d’apprendre qu’ils ont fait la rencontre d’un jeune couple cubain, à l’arrêt de bus même où nous les avons laissé, avec qui ils ont discuté pendant des heures. Leurs yeux sont brillants, la rencontre les a touché, ils semblent avoir rencontré leur Francisco…et nous sommes ravis pour eux. Nous déambulerons ensuite un peu dans la ville et irons boire un verre ensemble avant de se saluer chaleureusement. Eux resterons quelques jours de plus dans la ville quand nous nous poursuivrons notre chemin dès le lendemain vers Santa Clara.

Au matin, nous préparons notre barda et descendons de notre chambre pour savourer un petit-déjeuner de ministre ! Notre hôte, Iliana, est sympathique. Une fois assise dans sa chaise à bascule, nous en profitons pour discuter un peu avec elle avant de décoller :

Paroles cubaines

Iliana, propriétaire d’une casa de Cienfuegos

  • A propos de politique :

« J’aime pas la politique » (Aïe)

  • Les Cubains et le tourisme :

« Nous, nous ne pouvons pas visiter notre île, c’est trop cher. Moi je n’ai jamais vu la Havane. »

« Non, nous n’éprouvons pas de jalousie envers les touristes. Au contraire, nous sommes contents pour eux qu’ils puissent profiter de notre pays. »

  • L’après-Castro :

« Je ne sais pas ce qu’il va se passer. Ce qu’il faut c’est que le prochain responsable fasse quelque chose pour la jeunesse. »

  • Internet :

« Oui ça se développe. Ici on n’avait pas Internet il y a encore trois mois. »

A voir/à faire

Cienfuegos est une très jolie ville en bord de mer. Nous n’avons pas pris le temps de faire d’activités car nous étions trop occupés à faire la connaissance de Claire et Umberto, mais nous pouvons quand même vous recommander deux incontournables :

  • El Parque José Marti : c’est la place principale autour de laquelle de nombreux monuments ont été érigés. Vous y trouverez notamment : Arco de Triunfo, Catedral de la Purisima Conception, Palacio de Gobierno, Palacio Ferrer.
  • El Malecon : si vous aimez marcher, vous pouvez vraiment faire une longue balade le long de la mer. Vous pourrez ainsi voir de nombreux « palacios » et de très grandes demeures. Au moment du coucher de soleil, c’est très agréable. Vous avez le soleil orange qui se reflète sur la mer, les vieilles voitures qui passent et les édifices qui changent de couleurs…un beau spectacle.

Où dormir

  • Hostal Iliana y Eugenio : à deux pas du Parque José Marti, vous aurez une chambre avec une belle surface et un bon petit déjeuner, le tout pour 25$.

Où manger

  • Les petits commerces de rue : ATTENTION, nous avons remarqué (et c’est la seule ville où nous l’avons ressenti de cette façon) que les touristes ne sont pas toujours logés à la même enseigne. En effet, certaines roulottes n’ont pas accepté de nous servir en prétextant qu’elles n’avaient plus de nourriture, et servaient juste après nous les locaux… Et d’autres nous ont indiqué des prix clairement surestimés (la fameuse double monnaie en arrange certains par moment). Cependant, vous en trouvez aussi qui acceptent de vous servir et pour pas très cher, cela dépend donc de l’endroit et de la personne. Après, il faut reconnaître que la possibilité pour les touristes d’acheter en CUP existe dans beaucoup d’endroits. Quand on note la différence énorme de valeur avec le CUC, on peut se dire que c’est déjà une bonne chose. Cela aurait pu être complètement interdit que ça ne nous aurait pas étonné, le niveau de vie local et celui des touristes étant tellement éloignés…

Comment se rendre à Cienfuegos depuis Playa Larga

Il peut y avoir des cars mais nous avons choisi de faire le chemin un dimanche, donc nous avons trouvé un autre moyen de transport.

Pour nous c’était colectivo à 20$/2 pers.

Santa Clara 

Cuba - Route vers Santa Clara Nos hôtes de Cienfuegos nous indiquent comment nous rendre au terminal de bus pour Santa Clara, et nous expliquent que dans la rue adjacente, de nombreux colectivos proposent de nous y emmener pour pas très cher normalement. Nous suivons leurs instructions, et sans trop de difficultés, nous trouvons un taxi (une vieille et typique voiture américaine dont on se demande comment elle fait pour encore rouler en ce 21e siècle) et partons immédiatement.

Du fait de ne pas avoir attendu, nous arrivons tôt à Santa Clara et comme à notre habitude, Lucile garde les sacs sur la place centrale pendant que Quentin fait un tour du quartier. Cette fois-ci, cela nous prend un peu de temps car de nombreuses casas sont déjà réservées mais nous trouvons et laissons nos affaires afin de profiter de la journée au maximum. Le temps n’étant pas au beau fixe, nous décidons de commencer par la fabrique de cigares de la ville (nous suspections la fabrique de Partagas de La Havane d’être un peu trop touristique, nous avons préféré attendre d’arriver à Santa Clara pour faire cette activité) .

Fabrique de cigares

Cuba - Santa Clara - Fabrique de cigares - Hecho a mano Après avoir fait Vinales où nous avons pu comprendre comment le tabac est cultivé et récolté, nous voici dans l’antre de la fabrication à la main, le fameux « hecho a mano ». Les différentes marques sont réalisées dans cette fabrique, par contre, un ouvrier qui travaille pour les Cohiba par exemple, ne pourra pas remplacer un collègue qui lui, roule pour Montecristo. Chaque marque mobilise son propre groupe de « torcedores », ses propres ouvriers pour que les cigares soient roulés au maximum à l’identique. Surtout que les feuilles de tabac ne sont pas les mêmes selon la marque. Le degré de séchage et de maturation diffère et souvent elles ne proviennent pas des mêmes terrains. Chaque ouvrier, quand il va chercher des feuilles, a un tas qui lui est adressé selon son poste. Une fois les cigares roulés, les ouvriers les donnent aux « contrôleurs », ce sont ceux qui vont vérifier la qualité du roulage. En effet, pour qu’un cigare soit de qualité, il faut qu’il se consume lentement, mais sans qu’il soit difficile de tirer dessus. Ainsi, le contrôleur vérifie la quantité d’air qui traverse le cigare. S’il est trop serré, cela veut dire que le cigare sera trop difficile à fumer, il est à refaire. S’il n’est pas assez serré, il se consumera trop vite, il est à refaire également. CHAQUE cigare est contrôlé dans une machine qui mesure la pression. Une fois certifié, il sera labellisé de la marque, grâce à la bague, puis trié et mis en boîte.

Anecdote

Durant la visite nous observons un petit local avec un micro depuis lequel une personne fait la lecture aux ouvriers pendant le travail. Généralement il s’agit de la lecture du journal du jour. Mais parfois, il peut s’agir de lectures de romans. D’ailleurs il est intéressant de noter que les marques de cigare « Montecristo » et « Romeo y Julieta » viennent du fait qu’il s’agissait de deux romans que plébiscitaient particulièrement les torcedores, à savoir « Le Comte de Montecristo » et « Roméo et Juliette » !

Cuba - Santa Clara Nous ressortons de la fabrique très impressionnés et nous dirigeons vers la boutique qui est juste en face, nous devons consommer ! Après un bon café au bar, nous choisissons différents cigares, notamment plusieurs « hecho a meno » et un industriel, pour voir si à notre piètre niveau nous observons une différence (bien que nous voyons déjà une très grande différence au niveau du prix !).

Visiter Santa Clara

Après la fabrique de cigares, nous ne sommes pas très loin du Parque del Tren Blindado. Malheureusement, nous ne pourrons pas entrer à l’intérieur des wagons pour profiter de l’exposition (et donc des explications détaillées), mais nous y passons un peu de temps quand même pour en faire le tour.

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Aparté historique

Cuba - Santa Clara - Des wagons ont été laissés sur place, les impacts de balle témoignent de la violence de l'affrontement
On peut voir les impacts de balles qui sont soulignés par des écriteaux verts.


L’endroit rend hommage à un épisode de la révolution cubaine, datant du 29 décembre 1958, lorsque Che Guevara mena avec succès une des dernières attaques des Barbudos, précédant ainsi la chute du dictateur Batista (qui prit la fuite quelques heures après avoir appris l’événement). A l’aide d’un bulldozer, les guérilléros firent dérailler un train blindé contenant troupes, vivres et munitions en provenance de la Havane. Aujourd’hui, on peut observer certains wagons dudit train (qui présentent d’impressionnants impacts de balle) ainsi que le bulldozer en question, qui se situent tous à l’endroit même où eut lieu l’attaque.

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Nous continuons notre chemin sur l’Avenida Liberacion pour atteindre la statue de Che Guevara. Cette statue du « Che et l’enfant » est de taille humaine mais elle est truffée de détails. Partout, des symboles, des personnages, qui rappellent les différents combats du Che.

Cuba - Santa Clara - Une statue a été érigée en l'honneur du Che, c'est lui qui avait mené la bataille de Santa Clara

Pour finir notre pèlerinage, nous nous dirigeons à l’opposé pour rejoindre le Monument au Che, avec son mausolée (mort en 1967 au cours d’une guérilla en Bolivie, ses restes furent transférés à Cuba en 1997). Malheureusement, le mausolée est inaccessible, des militaires en surveillent l’entrée, mais nous pouvons apprécier son monument. Des panneaux illustrent les épisodes marquants de sa vie ainsi que sa lettre d’adieu à Fidel Castro (où il lui indique qu’il souhaite poursuivre la révolution sous d’autres latitudes). Le lieu est solennel et très agréable. La statue du héros national, accompagnée de la célèbre devise « Hasta la victoria, siempre » (Jusqu’à la victoire, toujours), domine un vaste espace. On s’y sent bien.

Nous sommes ravis d’avoir pu faire tout ce qu’on voulait dans la journée, car nous allons repartir rapidement, il ne fait pas beau ici !! En rentrant, on se renseigne pour les transports vers Trinidad, et c’est la douche froide ! Notre hôte nous dit qu’elle peut nous réserver un taxi pour 60$ ! A l’office de tourisme, c’est pire, on nous annonce que c’est entre 80 et 150$ pour s’y rendre ! Nous sommes estomaqués et nous lui disons que nous nous sommes renseignés sur les tarifs des bus cubains qui n’annoncent pas du tout ces tarifs. Elle nous répond qu’effectivement, c’est beaucoup moins cher mais que ce n’est pas sûr du tout, encore le mois dernier, il y a eu un accident avec des morts. Bon, on ne veut pas mourir pour quelques dollars, mais néanmoins, on espère s’en sortir autrement le lendemain parce que les tarifs ne nous conviennent pas du tout ! 

A voir/à faire

  • la fabrique de cigares : pour 4$/pers, c’est vraiment à voir. C’est une fabrique en activité où on voit les ouvriers rouler les cigares devant nous. C’est vraiment intéressant.
  • El Tren Blindado : Avenida Liberacion, c’est un témoin de l’histoire, ça se trouve à côté de la fabrique de cigare donc ce serait dommage de ne pas y passer.
  • La statue du Che : sur la même Avenida Liberacion se trouve cette statue à taille humaine. Outre le fait de voir la statue du Che, c’est surtout tous les détails qui ont été sculptés qui sont intéressants à regarder. Il faut prendre le temps de la détailler (si vous n’avez pas un car de touristes qui débarque à ce moment… Nous, nous y avons eu droit, mais heureusement nous avions eu le temps de l’observer tranquillement avant !).
  • Le mausolée du Che : c’est une des raisons pour lesquelles vous allez à Santa Clara donc c’est un arrêt obligatoire.

 Où dormir

Notre casa n’était vraiment pas top. Alors c’était propre, avec de l’eau chaude, des gens charmants évidemment. Mais ça a été très bruyant, nous n’avons pas été les seuls à louer une chambre cette nuit là et les autres locataires ont fait un bruit indéfinissable, à pas d’heure dans la nuit, sans que personne ne leur dise rien. On a un peu fui au matin ! Donc voici où ne pas aller : Hostal Pilar, 25$/nuit. 

Comment se rendre à Santa Clara depuis Cienfuegos

Pour 8$, nous avons eu un taxi privé.

Petit conseil : à Cuba, on ne se met pas à l’arrière, il est plus poli de passer à l’avant avec le chauffeur. On vous dit ça parce que Quentin s’est mis avec moi à l’arrière, et ça a créé comme un froid. S’en rendant compte, on en a parlé avec le chauffeur, qui nous a expliqué qu’à Cuba, tu n’as aucune raison de te mettre à l’arrière s’il y a de la place devant. On a alors échangé sur nos habitudes en France et surtout à Paris, où JAMAIS tu ne te mettras à l’avant, le chauffeur veut être tranquille dans sa bulle ! Notre chauffeur cubain nous a vraiment regardé avec étonnement quand nous lui avons dit ça…

Trinidad

Cuba - Santa Clara - Nouveau moyen de locomotion Le départ pour Trinidad ne se fait pas sans appréhension. Pour commencer, nous prenons un vélo-taxi qui nous dépose devant le terminal de bus (le pauvre, avec nos 2 gros sacs à dos, ça en faisait du poids pour 3$).

Anecdote

Arrivés au terminal, nous cherchons un colectivo en espérant ne pas payer trop cher. Nous trouvons notre bonheur (à un prix bien inférieur à ce que l’on nous avait indiqué), mais pour le moment, nous sommes les seuls. Ce qui veut dire, une fois de plus, qu’il faut attendre.

Nous tombons sur des touristes allemands qui cherchent également une solution pour se rendre à Trinidad. Ils ont entendu parler d’un car et tentent de le trouver. Malheureusement, il n’y a aucune place, ils vont devoir se débrouiller autrement. C’est à ce moment que nous comprenons que c’est à nous de jouer, ce petit couple d’allemands ne parle pas un mot d’espagnol et l’anglais des Cubains à ce moment-là n’est pas suffisant pour que tout le monde se comprenne. Nous finissons par faire les intermédiaires et arrivons à mettre nos allemands dans la voiture, on peut enfin partir !

Durant tout le trajet, Quentin (qui s’est mis à côté du chauffeur cette fois-ci !) va converser avec notre chauffeur et va ainsi avoir encore un autre témoignage sur la vie à Cuba.

Paroles cubaines

Fernando, chauffeur de taxi

  • A propos de la situation des taxis à Cuba :

« Globalement ça se passe bien. Il y a par contre des taxis « pirates » mais le gouvernement est en train de mettre en place des actions contre ce phénomène. »

« Après leur boulot classique, sur leur temps libre, ceux qui ont une voiture peuvent améliorer leur niveau de vie en faisant taxi. »

  • A propos des Peugeot que l’on peut observer sur l’île (si, si !) :

« Elle arrivent sûrement ici via la Corée »

  • A propos de Fidel (soudaines larmes aux yeux du chauffeur quand je prononce le nom) :

« Fidel était un grand. Comme tous les visionnaires, Fidel avait anticipé les choses, un Noir à la Maison-Blanche, le changement climatique… »

« Il a résisté à des centaines de tentatives d’assassinat (638 selon le Guiness book des records !), poison sur les vêtements, dans ses cigares, fausse interview avec une arme dans la caméra qui le filmait… Fidel connut même une romance avec une agente de la CIA. Cette femme avait pour mission de le séduire puis de l’assassiner. Et bien, après l’avoir connu et passé du temps avec, elle refusa tout simplement de le faire. »

  • L’après-Castro :

« Rien ne changera… du moins pas avant 15-20 ans. »

  • Trump :

« Il faut attendre… » (Quasiment la réponse que l’on aura entendu de tous les Cubains)

  • Période spéciale :

« C’était très difficile. On manquait de tout. A cette époque 90% du commerce était fait avec les soviétiques. Du jour au lendemain, plus rien. Par exemple, il y avait ce projet de centrale nucléaire russe près de Cienfuegos. Il fut avorté suite à la chute du bloc de l’Est… »

  • Mariel (principal port de Cuba et zone d’activités en expansion) :

« Votre président (Hollande) est venu sur l’île et la rencontre a été positive. Des accords ont été signés. Les Français vont nous aider pour le ferroviaire. »

  • Vêtements avec symboles US à Cuba :

« Personnellement je trouve ça bête de porter les couleurs d’une nation sur soi. Mis à part pour le sport, car là on représente justement le pays dans une compétition. »

La discussion avec le chauffeur est passionnante, comme toutes les longues conversations que nous avons pu avoir avec des Cubains. Les réactions sont toujours mesurées, il n’y a pas d’emportement, d’endoctrinement ou je ne sais quoi. Même quand on parle de situations difficiles (la période spéciale, par exemple, qui reste dans toutes les têtes), il n’y a pas véritablement de rancune perceptible, aucun esprit de vengeance. L’idée générale est d’aller de l’avant. Un mot nous revient sans cesse en repensant à ces gens : Les Cubains sont DIGNES…

Quant à l’amour qu’ils ont pour leur défunt leader, celui-ci n’est jamais feint. A chaque fois que nous abordons le thème, les mêmes retours : respect et émotion.

Cuba - Sur la route vers Trinidad, notre taxi nous arrête pour observer une exploitation de café. Ici le séchage des fèves.
Séchage des grains de café sous le soleil cubain.

Peut-être est-ce dû à la discussion partagée, en tous les cas le contact avec notre chauffeur s’est très bien passé. Sur la route il nous aura donné plein d’indications sur ce que l’on pouvait observer. De plus, à un moment, nous sommes passés devant une exploitation de café et notre chauffeur a fait un détour exprès pour que nous puissions voir en hauteur ce qu’il s’y passait à l’extérieur. De loin, nous avons ainsi pu observer tranquillement les grains de café qu’éparpillaient des employés sur de larges surfaces, en vue d’être séchés au soleil.

Arrivés à Trinidad, notre chauffeur nous emmène chez une connaissance qui a une casa, pour nous trouver une chambre. Malheureusement, son ami n’a plus de place (la casa était tout simplement magnifique, mince !) mais nous propose de nous emmener non loin, chez une amie à lui.

Alors, d’ami en amie, nous atterrissons chez Mireya, qui nous accueille très chaleureusement.

Visiter Trinidad

Pour ce premier jour, nous décidons de faire un tour dans le centre-ville. Nous découvrons la Plaza Major (où nous reviendrons chaque soir pour déguster un petit cigare et une pina colada !), les rues pavées, le style colonial, les façades très colorées, l’ambiance décontractée mais aussi… les hordes de touristes ! En rentrant à notre casa, nous proposons un petit verre de rhum à Mireya puis nous papotons ensemble.

Cuba - Trinidad
Plaza Major

Paroles cubaines

Mireya, biologiste à la retraite

  • A propos de son parcours :

« A la base j’ai fait des études de vétérinaire. Mais malheureusement dans ce pays il n’y a pas assez de ressources pour soigner et les animaux et les humains… Il y a des priorités. Au final, travailler dans un laboratoire ça m’a beaucoup plu, voire j’ai préféré. »

(En attendant, cette dame âgée possède une magnifique pitbull tout en muscles, le chien que l’on n’imaginerait avec aucun retraité… et l’animal semble en parfaite santé !)

  • A propos des médecins cubains qui aident à l’étranger :

« Ma fille est justement au Venezuela actuellement. Elle travaille pour une mission. » (Les « missions » ont été mises en place au Venezuela sous l’ère Chavez, pour améliorer les conditions d’accès à l’éducation et à la santé de la population. Par exemple, la mission « Milagro » a permis de soigner 1,5 million de vénézuéliens atteints de cataractes ou autres troubles oculaires. La mission « Barrio adentro », elle, a permis à 17 millions de personnes de se faire soigner. Ces succès médicaux reposent presque essentiellement sur la participation des médecins cubains. En échange de ces services, le Venezuela aide l’île en lui fournissant du pétrole.)

  • Fidel (l’émotion se lit alors sur son visage) :

« Sa mort a été un moment très dur pour le pays. »

« Le cortège funéraire, qui allait de La Havane à Santiago, a été encadré d’une immense chaine humaine tout le long de la route ! Il y a avait des jeunes, des vieux… »

« Grâce à lui j’ai pu faire ces études et me reconvertir dans un laboratoire. »

« Il a réussi, nous ne sommes pas ignorants. »

  • Et la question du blocus :

« Un exemple, moi. J’ai un glaucome. La pression dans mon œil gauche est trop forte, je risque de perdre la vue. Le seul médicament qui permet de faire baisser la pression vient des Etats-Unis. Je ne peux pas m’en procurer à cause du blocus. Mes amies me disent ”Mireya, tu es une victime du blocus”. Voila ce que c’est que leur blocus… »

Le lendemain, nous partons découvrir la plage, une des plus belles de l’île selon les guides. L’eau est magnifique, la plage est étendue, mais il y a un monde…nous marchons un bon moment avant de trouver un endroit où poser notre serviette !

Cuba - Plage Trinidad

Rapidement, c’est déjà l’heure de repartir (le bus n’est vraiment pas cher, mais il n’y en a pas beaucoup, du coup il ne faut pas rater le dernier qui passe à 17h30, sinon c’est taxi obligatoire, et le tarif qui va avec !) et nous cherchons un restaurant pour la soirée. Nous finissons par tomber sur une petite échoppe, c’est dans la maison des gens, et les tarifs ne semblent pas excessifs du tout. Nous nous installons pour prendre notre repas et nous allons très bien manger.

Anecdote

Le petit hic de notre restaurant, c’est qu’on est des touristes ! Nous avions fait nos calculs pour savoir combien nous allions payer (car les prix étaient affichés à l’entrée) et nous spécifions bien à la jeune fille que nous payons en CUP (ce qui lui évite de devoir faire des conversions de CUP vers CUC).

Toutefois, au moment de payer, nous allons découvrir une méthode particulièrement spéciale de faire le calcul. En effet, la jeune fille va écrire tous les tarifs en CUP, et va les convertir (à la louche) en CUC, pour ensuite faire l’addition en CUC. Sachant que nous payons en CUP, elle va reconvertir son addition de CUC en CUP…euh…à vous aussi ça vous paraît compliqué ?!

Cette méthode lui a permis de passer de 80CUP, que nous avions calculé avec ce qui était indiqué, à 124CUP…oui, nous avons payé 1/3 de plus, une petite taxe maison pour les touristes ! Le tarif n’était vraiment pas élevé et la nourriture était bonne, mais la pratique ne nous a pas plu du tout, et nous nous sommes refusés d’y retourner. Il aurait suffit qu’elle dise qu’elle n’acceptait que les CUC de la part des touristes et c’était réglé, ça aurait évité qu’on ait ce sentiment de se faire enfler !

L’incident restaurant passé, nous remontons vers la Plaza Major, et nous voyons, dans la Callejon de Pena une boutique qui propose des cocktails à 1CUC. Armés de nos Pina Colada pour Lucile et Cuba Libre pour Quentin, nous partons direction la Plaza pour se poser sur un banc, allumer un cigare et siroter notre cocktail. Nous passons un très bon moment, et nous nous gargarisons de bien sentir la différence entre un cigare industriel et un « hecho a mano » !

Anecdote

Comme on l’a précisé plus tôt, à la sortie de la fabrique de Santa Clara, nous avons acheté plusieurs cigares, dont un fabriqué de manière industrielle, car n’étant pas grands connaisseurs de cigares, nous voulions voir si à notre niveau, nous étions capable de faire la différence. (La réflexion était aussi que vu la différence de prix, en moyenne 2$/cigare indus pour 10$/cigare à la main, on voulait savoir si ça en valait la peine). Et à notre grande surprise, nous avons vraiment bien senti la différence ! Le cigare industriel n’est pas forcément mauvais, il est simplement fade et se consume très vite, presque comme une cigarette. Les cigares faits main durent beaucoup plus longtemps, voire très longtemps selon la marque, et peuvent avoir des goûts très agréables en bouche.

 Le lendemain, nous refaisons une journée plage, non qu’on soit devenu de vrais lézards, mais parce que la veille, en se renseignant pour prendre notre prochain car, il n’y avait plus de place, du coup nous avons dû repousser d’une journée.

Ce n’est pas plus mal, nous décidons de prendre le bus de 9h du matin pour aller à la plage, et nous découvrons alors un lieu radicalement différent de la veille ! Il y a très peu de monde, c’est calme, nous allons même trouver un espace avec parasol rien que pour nous. Que demande le peuple ?!

A la fin de cette journée peu productive, nous profitons de notre dernière soirée pour continuer à visiter la ville : Casa de la musica, calle Maceo, Calle Marti, Plaza Carillo… Nous nous sentons tellement bien dans cette ville, elle est agréable en tous points. Malgré les touristes omniprésents, nous nous sentons comme à la maison !

Le lendemain, c’est l’heure du départ, mais non sans un petit cadeau de Mireya à Lucile, un bracelet porte-bonheur… Encore une très belle rencontre.

A voir/à faire

  • baladez vous ! Les rues sont vraiment agréables, les bâtiments sont beaux et colorés…bref, il faut errer délicieusement dans cette ville. Bien sûr, il faut traîner dans le quartier historique, aller à la Plaza Major …et s’imprégner des lieux.
  • la plage : même si c’est assez touristique, c’est une très jolie plage de sable blanc avec une eau turquoise. Pour 5CUC l’A/R par personne, il y a un bus qui vous y emmène depuis différents arrêts dans la ville. Cuba - Plage Trinidad

 Où dormir

  •  Hostal Las Arecas : pour 25$/nuit nous n’avons pas été déçus. Mireya propose aussi le petit déjeuner et les dîners mais c’est en sus, et c’était un peu trop cher pour nous (12$/pers pour le dîner).

Où manger

  •  Supérette : dans notre Calle Frank Pais nous avions une petite supérette avec les produits de première nécessité, notamment de l’eau !! Hourra !
  • Comme dans la majorité des villes de Cuba, on trouve facilement des petits restaurants pas chers, avec des pâtes, des hamburguesas, des pizzas…c’est monnaie courante à Cuba.

Comment se rendre à Trinidad depuis Santa Clara

Ce fut une épopée que nous avons raconté dans notre anecdote. Mais pour faire simple, nous avons pris un vélo-taxi à 3$ pour nous rendre au terminal (qui n’est pas du tout dans le centre). Au terminal, nous avons négocié un colectivo à 25$/2 pers.

Voir nos vidéos de Cuba

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